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Renaissance ou réincarnation

Philosophie




LA RENAISSANCE OU REINCARNATION

La renaissance peut se définir comme étant le fait qu'après la mort, il y a une autre vie, et à la fin de celle-ci une autre, et une autre, ainsi de suite. Cette présente vie à été précédée de plusieurs autres vies. Le nom que l'on donne à ce cycle de naissance et de mort est le samsara et le samsara prend fin par le nirvana.


Le nirvana : Le nirvana s'avère difficile à expliquer, seuls ceux qui on rejoint ses rives, tels les bouddhas, peuvent le décrire avec le plus de précision. Pour commencer, ce n'est pas un lieu où l'on va après sa mort, comme le paradis pour les chrétiens. C'est plutôt un état paisible dans lequel il n'y a plus de souffrances.

La traduction de ce mot signifie cessation, extinction, sous-entendu celle du cycle des renaissances (le samsara) et des souffrances.Ceux qui atteignent le nirvana sont appelés des bouddhas. Pour obtenir le nirvana, il faut la réalisation de la vacuité et l'élimination de tout le mauvais karma. Une fois que ces éléments (vacuité et élimination du mauvais karma) sont mis en commun, on dit que la personne obtient l'illumination. L'illumination conduit au nirvana dans lequel on entre à la mort. Les animaux aussi se réincarnent, et un être peut passer d'une condition à une autre (d’homme à animal, le contraire étant aussi possible). Les plantes ne sont pas considérées comme pouvant se réincarner puisque elles sont dénuées de conscience.



Pour mieux expliquer,
quoi de mieux qu'une citation
de l'Océan de Sagesse,
Tenzin Gyatso, le 14e Dalaï-Lama


« L'interprétation bouddhiste du concept de naissance est basée principalement sur la notion de continuité de la conscience. Prenons, par exemple, le monde physique : nous considérons que l'on peut remonter à l’origine de tous les éléments de notre univers actuel - et même au niveau microscopique - jusqu'à un point initial où tous les éléments du monde matériel sont condensés dans ce que l'on appelle en termes techniques des « particules d'espace ».

Ces particules sont, à leur tour, l'état résultant de la désintégration d'un univers précédent. Il existe donc un cycle constant dans lequel l'univers évolue, se désintègre et revient à l'existence.

Notre esprit fonctionne de manière analogue. Il est tout à fait évident que nous possédons ce que nous appelons «esprit ou conscience» notre expérience en témoigne. Il est aussi manifeste, que ce que nous appelons «esprit ou conscience » est sujet au changement, quand il est exposé à différentes conditions et circonstances. C'est là une preuve de sa nature variable d'instant en instant, de sa prédisposition à se modifier. Il est également évident qu'au niveau le plus grossier « l'esprit », ou « conscience », est intimement lié aux états physiologiques du corps; En fait, il dépend d'eux.

Pourtant, il doit exister une certaine base, une énergie, une source qui permet à l'esprit dans son interaction avec les particules matérielles, de produire des êtres vivants conscients. Tout comme, au plan matériel, cette base est aussi, sans aucun doute, en continuité avec le passé. Si donc vous remontez l'origine de notre esprit actuel, de notre conscience présente, vous vous apercevrez que, de même que pour l'origine de l'univers matériel, vous remontez alors à l'origine de la continuité de l'esprit jusqu'à une dimension infinie.

Comme vous pouvez le constater, la continuité de l'esprit est sans origine. Par conséquent, il doit exister des renaissances successives pour rendre ce continuum de l'esprit possible. Le bouddhisme croit en la causalité universelle tout est soumis au changement, à des causes et à des conditions. Il n'accorde donc aucune place à un Créateur divin, ni à une « génération spontanée » des êtres. Tout se manifeste au contraire comme une conséquence de causes et de conditions.

Ainsi l'état présent de l' « esprit », ou « conscience », résulte-t-il de ses instants précédents. Les causes et conditions dont nous parlons sont principalement de deux types : les « causes » substantielles qui sont à l'origine de ce qui se produit, et les différents « facteurs » qui contribuent à produire la situation de causalité. Dans le cas de l'esprit et du corps, bien que l'un puisse affecter l'autre, l'un ne peut pas devenir la substance de l'autre... Bien que l'esprit et la matière dépendent l'un de l'autre, l'un ne peut être la cause substantielle de l'autre. C'est sur cette base que le bouddhisme accepte la notion de "renaissance."

Le terme renaissance est préférable au terme réincarnation puisque la réincarnation présuppose qu'il y a une entité distincte, un moi, qui existe, ce qui n'est pas une croyance bouddhique.







POUR ILLUSTRER !


Pour illustrer : La cause substantielle serait la graine qui en se transformant produit le germe – Et le facteur auxiliaire serait le soleil et l’humidité…

Cause substantielle : où le matériau de la cause devient celui de l’effet
Facteur auxiliaire : où un événement en produit un autre, sans toutefois qu’il y ait transformation de l’un en l’autre.
La graine est la cause du germe – le soleil et l’humidité en sont les facteurs
Simple, non ?...

Le bouddhisme affirme que le courant mental du défunt peut éventuellement s'incarner lors de la conception d'un nouvel être, dont il constituera le noyau psychique porteur des influences dynamiques du passé.





NOUS DEVONS DEPASSER LES IDEES DE NAISSANCE ET DE MORT,
de l'un et du multiple, d'aller et venir, de permanence et d'annihilation !






Mais où part la flamme ?
Il n'y aurait pas de renaissance si, au moment de la mort, nous disparaissions comme s'éteint une flamme soufflée...
Mais la flamme est vacuité, et le vide ne saurait mourir !!!



Quel était votre visage, avant la naissance de vos parents ?
Naître est une idée qui signifie que quelque chose naît à partir de rien.
Si nous observons profondément les choses, nous voyons qu'elles ne sont pas ainsi.
Une chose ne peut venir de rien.
Nous existions déjà avant notre naissance, sous une forme différente.



Maintenant, je brûle ma feuille de papier, qui contient tout l'univers !
Le papier ne cesse pas d'exister, il devient de la chaleur, des cendres, de la fumée.
La chaleur pénètre le cosmos. La fumée et d'autres gaz s'élèvent dans l'air et forment des nuages qui produisent de la pluie. Les cendres tombent par terre et nourrissent le sol. La pluie et le soleil sont deux conditions nécessaires pour que les arbres puissent pousser. Plus tard, l'arbre peut à nouveau devenir une feuille de papier.
Avant de naître j'étais ailleurs, et quand je serai mort, je serai encore ailleurs ou ici ! Mais nous savons qu'"ici" et "ailleurs" ne sont que des concepts et qu'on peut trouver chaque endroit ailleurs.
En réalité, il n'y a nulle part où aller et nulle part d'où l'on vienne dans la dimension ultime.





Savez-vous que quand un organisme vivant meurt et se décompose, ses atomes sont libérés dans l'environnement, puis intégrés dans d'autres organismes ?
Ainsi, nous inhalons encore aujourd'hui des millions de noyaux d'atomes partis en fumée lors du supplice de Jeanne d'Arc en 1431 !
Le simple acte de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe.




Nous savons que nous ne sommes jamais nés, et que nous ne mourrons jamais.
La vague de la mer, naît et meurt, elle est plus ou moins belle, elle est haute ou basse !...
Mais nous ne pouvons pas appliquer ces notions à l'eau !
Cette vision profonde, suffit à faire disparaître notre manque !
Ce serait triste pour la vague de ne pas savoir qu'elle est aussi l'eau. Elle penserait alors : "un jour je vais mourir".



L'histoire de la feuille de papier est très semblable à la nôtre.
Avant de naître, nous étions déjà dans....... nos ancêtres ! Le jour de notre naissance n'était qu'un jour de continuation.
Au lieu de chanter chaque année "Joyeux Anniversaire !" nous devrions chanter "Joyeuse Continuation !"








Alors le «Pierre» qui renaît,
est-il le même que celui qui l’a précédé ?

NI LE MEME, NI UN AUTRE


Il y a eu des kilos de littérature écrits à ce sujet, mais il y a une réponse définitive qui a été donnée dans le canon : Moi, Pierre qui renaît c’est NI LE MEME, NI UN AUTRE. Celui qui est mort et dont je suis «la suite» il est évident qu’il était différent de moi. Pourtant je supporte un certain nombre des conséquences de ce qu’il a fait – par contre le noyau de la conscience de renaissance est-il identifiable à mon prédécesseur ou à moi-même ? Bien sûr que non. La conscience de base elle est identifiable à la nature de bouddha, parfaite, immortelle, toute pure, omnisciente… ce qui ne me caractérise pas du tout. Donc au sens ultime, je ne suis pas le même et pourtant je ne suis pas un autre.



On peut comparer cela à une bougie qui avant de s'éteindre, allumerait une autre bougie, laquelle allumerait une troisième et ainsi de suite. Au bout de la chaîne, la flamme n'est ni la même, ni différente !


Voyons de plus près : la fécondation nécessite le sperme paternel, l’ovule de la mère et le «gandaba» qui est le nom que l’on donnait à un dieu inférieur de l’hindouisme. Donc, c’est à la fois Pierre qui se réincarne, mais c’est intéressant de voir que le bouddhisme lui donne le nom d’un dieu qui est libre de l’espace et du temps.
En effet, l’être du Bardo n’est pas soumis aux contingences spatiales, aux limitations matérielles et aux limitations temporelles de la même façon que nous. Donc il est relativement libre et c’est cet élément psychique qui va permettre la fécondation – l’embryon ne se développe pas si la conscience d’un être vivant ne descend pas dans la matrice. Si la conscience se détourne, la grossesse s’interrompt – ça c’est une conception qui serait intéressante de discuter dans la médecine moderne, sur les causes des avortements – donc cet être «gandaba» est bien la condition nécessaire de la continuité de l’existence entre le précédent et le suivant.




L'ESPRIT VA SE RETROUVER DANS UN AUTRE CORPS...

PHOWA est une technique du bouddhisme vajrayana permettant de transférer la conscience au moment de la mort, dans un «champ pur». Quitter ce monde n’est plus, dès lors, perçu comme un objet d’angoisse, mais comme l’occasion de se libérer du cycle des existences.




L’événement le plus terrifiant dans la vie est le moment de la mort, et elle vient à tous sans souci de la richesse, de la beauté, de l’intelligence ou de la renommée. La mort est inévitable, mais la manière dont vous mourez, terrifié et confus, ou avec confiance et la maîtrise spirituelle, est dépendante de votre contrôle.


Phowa, ou « transfert de conscience au moment de la mort » est la méthode bouddhiste qui permet lorsque l’on est arrivé aux extrémités de la vie d’atteindre à l’illumination. Par une combinaison du souffle, de récitations de mantras et de techniques de visualisation qui est pratiquée au moment de la mort, la conscience est éjectée par l’ouverture de Brahmâ évitant ainsi la renaissance dans les six royaumes de l’existence cyclique. A partir de cette ouverture, la conscience peut-être transférée directement en Dewachen, terre pure du Bouddha Amitabha. Naropa dit «il y a neuf portes qui sont celles du monde, mais seulement une porte qui est celle du Mahamudra (nirvana). Si vous fermez les neufs portes, vous obtiendrez ensuite le chemin de la libération sans aucun doute ».

Dans les écrits de Marpa le traducteur, « Si vous pratiquez Phowa, alors au moment où la mort s’approche, vous n’aurez aucun désespoir. Si à l’avance vous vous êtes habitués au chemin de Phowa, alors à l’heure de la mort vous serez plein de confiance, de gaîté…. ». Il est enseigné qu’une fois en Dewachen, il n’y a plus de retour dans les royaumes samsariques et qu’il est rapide et facile de réaliser l’illumination en cette terre pure. Ainsi, Phowa est comme une police d’assurance, si vous ne réalisez pas l’illumination de votre vivant, vous vous assurez de cet accomplissement après la mort.

Il est dit que des six « yoga de Naropa » Phowa est le plus le rapide et le plus direct chemin qui libère de la souffrance samsarique et conduit à l’illumination. Marpa a promis « il y a des enseignements pour atteindre à l’illumination, mais j’ai un enseignement, Phowa, qui offre l’illumination sans méditation ». Cette pratique est particulièrement appropriée de nos jours où la plupart d’entre nous n’ont pas le luxe de la pratique prolongée et de la méditation solitaire. En raison de ce manque et de la puissance accablante de la paresse dans l’ajournement de notre pratique, nous avons besoin désespérément d’un chemin simple et direct qui nous permette de transformer le stress de la vie moderne en force essentielle qui tranche à travers l’attachement des objets illusoires et réveille en nous la réalisation de notre propre nature de Bouddha. La vie est très courte et peut prendre fin soudainement et sans avertissement. Quand la mort advient, nous n’avons aucune possibilité d’y échapper : ni notre richesse accumulée ni notre renommée ne peuvent nous aider – rien ne peut aider excepté les précieux enseignements.

Les pratiquants suffisamment accomplis peuvent utiliser cette méthode peu compliquée et puissante pour le bénéfice des autres personnes et des animaux qui ont atteint la fin de leur vie. Les tibétains considèrent qu’il est extrêmement important de pratiquer Phowa pour la personne mourante et récemment décédée.
Une retraite de Phowa avec un lama qualifié a généralement comme résultat l’ouverture du canal central et la réalisation claire et tangible des signes d’accomplissement. L’apparition de ces signes assure le pratiquant de l’accès réussi en les royaumes illuminés lorsque Phowa est pratiqué au moment de la mort. Le pratiquant dévoué qui n’a aucun doute dans le lama qualifié et les enseignements, peut expérimenter les signes de Phowa tout simplement en recevant le Lung (transmission orale de bénédictions). Ceci a été expérimenté par de nombreux pratiquants dans le monde. Considérant qu‘il faudrait des années pour réaliser les signes d’accomplissement en pratiquant seul, en présence d’un maître de Phowa les signes surgissent plus facilement. C’est le grand bénéfice de Phowa : les signes de l’accomplissement s’obtiennent rapidement, sans années de stricte pratique de la méditation. Après avoir obtenu les signes, vous pouvez affronter la mort avec confiance. L’alternative pour la plupart des êtres est d’être emportés, sans ressources, par le flot du vent du karma dans le cycle du samsara.





Ayang Rinpoché enseigne Phowa tant de la lignée Nyingma que Kagyu.



Tous les tibétains sont familiarisés avec cette pratique : Tous les 12 ans, une ville de tentes et de pèlerins apparaissent autour du petit temple Drikung de Bhum Ngu Sumdo pour trois semaines de pratique intensive de Phowa par le plus haut tulku des lamas Drikung.

Phowa est enseigné par toutes les écoles du bouddhisme tibétain, mais la lignée Drikung Kagyu a une place particulière dans cette pratique. Si le Phowa est pratiqué sans les précautions essentielles, sans le support d’une initiation reçue d’un détenteur de la lignée, les résultats ne seront pas les mêmes et le pratiquant sera confronté à de nombreux dangers. L’initiation rendra la pratique sûre et les bénédictions de la lignée couleront naturellement pour le disciple, apportant des résultats rapides.


Le P’owa, ou " transfert de conscience au moment de la mort "
De l'émission Sagesses bouddhistes

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