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Philosophie
LA ROUE DE LA VIE
Pourquoi j’ai fait ça ? D’où ça vient ?
Savoir s’observer soi même dans la méditation de la vision pénétrante et dans l’attention dans la vie quotidienne et se prendre soi même sur le fait d’être conditionné.
Voici une magnifique description de la loi du karma et (ou) de la roue de la vie :
Semer une pensée... vous récoltez un acte
Semer un acte... vous récoltez une habitude
Semer une habitude... vous récoltez un caractère
Semer un caractère... vous récoltez une destinée.
Autre image : celle du boomerang. Vous l'envoyez dans le sens de votre désir, il vous revient avec les conséquences de la jouissance de l'objet désiré... Nous sommes les champions du boomerang. Mais attention parfois aux retours !
La croyance dans la réincarnation signifie que l’esprit d’une personne retourne sur terre dans un autre corps. La nouvelle sorte de vie est déterminée par la manière dont on a vécu sa vie précédente ou par son karma et peut déboucher sur une renaissance négative ou positive. Le tout et le but est en définitif de mener une existence suffisamment pure pour finir par connaître l’illumination et l’état de nirvana.
A SAVOIR !
La réincarnation
n'est pas la renaissance
d'un "moi".
Par Matthieu Ricard
Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce qu’on appelle réincarnation dans le bouddhisme n’a rien à voir avec la transmigration d’une “entité” quelconque, rien à voir avec la métempsycose. Tant que l’on raisonne en termes d’entités plutôt que de fonction, de continuité de l’expérience, le concept bouddhiste de renaissance ne peut pas être compris. Il est dit “qu’aucun fil ne passe au travers des perles du collier des renaissances.” Il n’y a pas identité d’une “personne” au travers de renaissances successives, mais conditionnement d’un flot de conscience.
Conventionnellement, on peut parler de conscience “individuelle” même si l’individu n’existe pas en tant qu’entité autonome, car l’absence de transfert d’une entité discontinue ne s’oppose pas à la continuation d’une fonction.
Que le moi n’aie pas d’existence propre, n’empêche pas qu’un courant de conscience particulier ait une histoire et des qualités qui le distinguent d’un autre. Qu’il n’y ait pas de barque flottant sur le fleuve n’empêche pas celui-ci d’être chargé de sédiments, pollué par une usine de papier, ou clair et limpide. L’état du fleuve à un moment donné est l’image, le résultat de son histoire. De la même façon, les courants de conscience individuels sont chargés du résultat des pensées positives ou négatives, ainsi que des traces qu’ont laissé dans la conscience les actes et les paroles issues de ces pensées. Le propos de la pratique spirituelle est de purifier ce fleuve, peu à peu.
L’état ultime de limpidité est ce qu’on appelle la réalisation spirituelle. Toutes les émotions négatives, tous les voiles qui masquent la connaissance sont alors dissous. Il ne s’agit pas d’anéantir le “moi”, lequel n’a jamais véritablement existé, mais simplement de démasquer son imposture. En fait, si ce “moi” avait une existence intrinsèque, on ne pourrait jamais le faire passer de l’existence à la non-existence.
Le Bhavachakra
constitue un récit édifiant :
Sa combinaison de karma, de samsara et de nirvana s’adresse aux croyants simples et en ce sens, chaque représentation constitue une vraie «bible»
Trois animaux sont représentés au centre de la roue. Ils correspondent aux 3 péchés capitaux (poisons à l’origine du samsara) Il s’agit d’un coq, d’un serpent et d’un cochon qui représentent le désir, la haine et l’ignorance.
Le cercle qui les entoure est mi-clair mi-obscur. Dans la partie obscure sombrent ceux qui ont un mauvais karma, les autres grimpent dans l’un des 3 paradis positifs. On peut donc renaître dans 6 mondes.
Les 3 sous mondes se composent - du royaume des animaux (chacun est sujet aux agressions et au risque de se faire dévorer) – des esprits affamés (règne une faim et une soif permanente) - et de l’enfer de Yama (des feux de l’enfer brûlent et les êtres y sont maltraités par les démons)
A la mort, l’esprit qui est éternel quitte l’enveloppe charnelle du corps et arrive dans un sous monde, le Bardo (étape entre le décès et la naissance) L’esprit y subit toutes sortes de visions, agréables ou effrayantes, en fonctionde la manière dont on a vécu sa dernière existence.
Les 3 mondes positifs sont ceux des demi-dieux (en conflit permanent avec leurs voisins) – le monde des humains (un bon point de départ pour atteindre le nirvana) – et le monde des Dieux (ou règne l’insouciance)
Rien n’est durable et lorsqu’une portion de mérite est utilisée, la divinité doit s’en aller renaître à nouveau.
Le bord extérieur de la roue montre les 12 nidanas, qui sont les liens du cycle des renaissances. (12 maillons de la chaîne de l’existence conditionnée)





Diaporama sur les 12 chainons
Pour visualiser, cliquez sur les boutons
Précisons les correspondances symboliques des 12 causes interdépendantes :
La roue est tenue par un monstre Mahakala ou grand temps – Kala signifie temps – on le compare à la mort. D’une part il est éternel, sans début ni fin, s’écoulant sans cesse, d’autre part son éternité est divisée en portions qui sont définies comme la vie de l’homme. Ce qui symbolise Yama, la mort ou l'impermanence, une roue évoque le caractère tourbillonnant de l'existence conditionnée et présente les différents éléments du samsara.
Pour se rappeler des liens, on peut dire que :
L'ignorance amène à créer les karmas qui doivent s'imprimer sur un continuum produisant les agrégats et les six consciences, permettant au contact d'entraîner la sensation qui produira l'attachement, puis la saisie, ce qui créera le devenir, engendrant la naissance à partir de laquelle la vieillesse et la mort seront expérimentées.
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